Atelier Iolce

Récemment arrivé en spécialisation Design Web et Mobile à la Haute École Albert Jacquard de Namur, j’ai eu l’occasion de participer à un atelier nommé iolce: Input / output, lire et communiquer sur écran.

Le but est de retrancscrire une conférence , au travers d’un contenu html et d’un design pertinent. Bonne lecture à vous.

Evaluating Technology

Conférence de Jeremy Keith

Jeremy Keith est un web développeur et conférencier, auteur de plusieurs ouvrages. Durant la conférence Beyond Tellerand à Düsseldorf (Allemagne), il s’interroge sur l’évolution de la technologie et comment choisir au mieux les outils que nous utilisons. Pour cela il va articuler ses idées en deux grandes parties. Il commence d’abord par l’évolution de la technologie, en abordant les différentes tendances, l’inévitabilité de certaines technologies et leur acceptation par tous. Ensuite il détaille sa manière d’évaluer les technologies en parlant de leur manière de fonctionner et d’échouer, de leurs bénéfices et des principes et valeurs associées aux technologies.

Photo de Jeremy Keith

— Jeremy Keith

Processus.

Processus et évolution technologique

Keith commence en parlant des analogies entre biologie et technologie et embraye sur le processus d’évolution technologique. Il utilise notamment la métaphore du silex, pour montrer la complémentarité de la technologie lorsque la biologie atteint ses limites. L’Homme s’est amélioré en créant ses outils, grâce à la technologie. Il fait ensuite remarquer que si l’on compare l’évolution de la technologie et celle de la biologie, on peut voir les mêmes tendances à la spécialisation, l’omniprésence et la coopération. Et effectivement, c’est grâce à ces tendances que la technologie a pu évoluer comme elle l’a fait. La spécialisation nous a permis de nous améliorer dans des domaines spécifiques et la coopération de pouvoir mettre ces différents domaines en commun.

Une nouvelle couche: le software

Il poursuit la conférence en mettant en évidence l’apparition d’une nouvelle couche entre l’humain et son environnement matériel: le software. Cette nouvelle interface a permis l’évolution de nombreux domaines, en interaction avec l’hardware. Il cite en exemple Margaret Hamilton, qui grâce à un software, a rendu possible le pilotage d’une navette spatiale. Le programme Apollo voit alors le jour: en combinant diverses technologies, logiciels et hommes et femmes incroyables, on peut poser le pied sur la Lune. Ce projet est, selon Jeremy Keith, le summum de la réussite humaine.

Apparition et acceptation de la technologie

Keith aborde le fait que la création et l’évolution de certaines technologies sont inévitables. En effet, certaines d’entre-elles vont forcément voir le jour, mais c’est l’homme qui détermine leurs étapes de création, leur but et leurs applications futures. Il dit :

Quelque chose comme le World Wide Web était inévitable, mais le World Wide Web que nous avons eu ne l’était pas. Quelque chose comme Internet était inévitable, mais pas l'Internet que nous avons eu. — J. Keith

Jeremy Keith évoque le fait qu’en général, l’utilisateur est plutôt «allergique» au changement et se sent parfois forcé d’apprendre une nouvelle technologie. Il ne faut pas se battre contre ce principe, mais contourner le problème en lui présentant des outils ressemblant à ce qu’il utilise déjà. Le conférencier affirme donc qu’il est judicieux de créer une technologie se basant sur des standards connus par l’utilisateur, celui-ci aura alors plus de facilité à l’accepter, à l’apprendre, et souhaitera l’utiliser au quotidien. À l’inverse, un changement trop brusque dans ses habitudes pourrait le rendre réticent et le pousser à refuser cette nouvelle technologie.

Choix.

Comment évaluer la technologie et choisir ses outils?

Nous venons donc de voir que l’apparition de certaines technologies est un facteur parfois inévitable et qui doit très souvent être approuvé et, après apprentissage, maîtrisé. Il place cette inévitabilité dans le contexte de la création de programmes et d’applications, s’interrogeant plus précisément sur la manière d’évaluer une technologie.

Pour cela, il pose quatre questions majeures liées au choix d’utiliser ou non une technologie:

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De quelle manière cela fonctionne?...

Le conférencier démarre son questionnement par cette interrogation assez générale que beaucoup se posent, mais qui n’est pas forcément la plus importante selon lui. Il prend l’exemple des "Service Workers", outils permettant la navigation sur un site en offline, et des "Web Components", permettant aux développeurs de créer des balises personnalisées à l’aide d’un simple trait d’union (permettant une certaine liberté dans le processus de création).Cette question «De quelle manière cela fonctionne», est tout de même représentative, elle permet au développeur d’étudier les possibilités et limites d’un outil. Comme l’artisan qui choisit son outil, le développeur choisit la technologie qu’il va utiliser en fonction de ce qu’il souhaite créer. Keith embraye sur le fait que, sur un site comme CanIUse, ce n’est pas la manière dont ces technologies fonctionnent et les «cases vertes» qui comptent, mais plutôt la manière dont elles échouent.

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… Mais surtout, de quelle manière cela échoue?

Les «cases rouges» sont alors les plus importantes car elles donnent plus d’information sur une technologie. La manière dont elle échoue traduit de son efficacité et permet d’orienter notre choix. La manière dont nous l’utiliserons conditionnera également son évolution dans le futur et les applications qui en découleront. Il reprend alors ses deux exemples d’outils:

"Service workers" et "Web components"

Pour le "Service Workers", cela échoue très bien selon lui. Si l’utilisateur n’a pas de réseau et utilise un navigateur qui le supporte, le "Service Worker" se met en place et propose une page offline consultable. Si le navigateur ne supporte pas le "Service Worker", alors la page ne s'affiche pas (mode offline de base).

Pour les "Web Components", c’est légèrement différent. Jeremy Keith dit que cela dépend de la manière dont on les utilise. En effet, si le "Web Component" est compatible avec le navigateur web, il n’y a aucun souci. Mais s’il ne l’est pas, alors il sera interprété par le navigateur. A titre d’exemple, sur le blog de Jeremy Keith, si le navigateur ne lit pas les Web Components, on note un changement dans la mise en page, mais c’est vraiment minime. A l’inverse, pour le magasin en ligne du PolymerProject, c’est l’entièreté du magasin en ligne qui devient indisponible. Il est donc primordial que les développeurs qui mettent en place ces outils de développement soient responsables et transmettent la bonne manière de les utiliser, pour permettre d’exprimer au mieux le potentiel de ces outils et les faire évoluer positivement. En utilisant les bons outils de la bonne façon, le résultat final sera de qualité et déterminera les habitudes de consommation futures des utilisateurs.

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Qui bénéficie de cette technologie?

Vient alors le moment pour le conférencier d’analyser le rapport bénéfice entre le développeur et l’utilisateur. Il affirme que, la plupart du temps, le bénéfice est partagé. Néanmoins, on ne peut pas toujours avoir cet équilibre. Dans ce cas-là, il vaut mieux privilégier l’utilisateur (c’est d’ailleurs son point de vue). Pour étayer son propos, il parle des "inward facing tools" et des "outward facing tools".

Les "inward facing tools" sont principalement utilisés par les équipes de développement et permettent de travailler plus rapidement et plus efficacement sans impacter l’expérience de l’utilisateur final. Voici les exemples donnés:

Le conférencier affirme ensuite que, peu importe l’outil utilisé, l’important est de choisir celui qui nous convient et nous fait travailler mieux, en ayant le regard tourné vers l’utilisateur.

Peu importe les outils utilisés, il faut qu'ils fonctionnent pour vous, qu'ils vous aident à travailler mieux et plus rapidement. — J. Keith

Les "outward facing tools" sont quant à eux les outils qui vont définir l’expérience utilisateur. Voici les exemples de bibliothèques web apportés par Jeremy Keith:

Le choix de ces outils est donc primordial et doit permettre d’offrir une expérience optimale à l’utilisateur, sans le contraindre dans sa navigation.

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Quels en sont les principes et valeurs?

Il embraye ensuite sur l’existence de certaines valeurs liées à tel ou tel outil. En effet, il dit que la technologie est créée par les humains et chaque humain a ses propres valeurs, principes et préférences. En développant un outil, le créateur exprime sa personnalité et cela se ressent dans son utilisation, chaque technologie est donc orientée.

Mais, bien qu’une technologie soit créée dans un but précis, son utilisation finale peut être dérivée. Le conférencier prend alors l’exemple d’Hedy Lamarr. Lors de la Seconde Guerre Mondiale, elle a mis au point un système de codage de transmission radio, ce qui lui a permis de rendre les torpilles alliées pratiquement indétectables par l’ennemi et donc inarrêtables. Cette technologie existe toujours mais son but n’est plus le même: elle est aujourd’hui utilisée dans la téléphonie mobile et le wifi.

La manière d’utiliser une technologie diffère alors selon la volonté, le contexte et le but de son créateur et/ou utilisateur.

Conclusion

Pour conclure sa conférence, Jeremy Keith nous rappelle que notre futur est incertain. Nous savons que l’innovation dans la technologie est inévitable mais nous ne pouvons pas savoir où cela peut nous mener. Peu importe notre manière d'aborder la technologie, il faut se poser les bonnes questions pour choisir les outils qui nous conviennent (de quelle manière cela fonctionne… mais surtout de quelle manière cela échoue, qui en bénéficie, quels en sont les principes?). C’est notre façon d’utiliser et de transmettre une technologie qui déterminera son évolution et les nouvelles habitudes de consommation des utilisateurs. Nous sommes donc responsables de l’avenir de la technologie.

Il ne faut pas subir le futur, il ne faut pas se contenter de suivre le futur, mais il faut le créer.

Case Study

Vous pouvez également lire l’étude de cas relative à l’analyse de cette conférence.

Julien Debrauwer — Page rédigé dans le cadre de ma formation en DWM.

Atelier réalisé en groupe avec Margaux Membré, Éléonore Monnom
et Thibaut Vermeulen.

Plus d’information sur Jeremy Keith:

Son site: adactio.com

La conférence: vimeo.com

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